Demande biochimique en oxygène : mesurer la charge invisible sur l'eau

Un test centenaire reste au cœur de la surveillance moderne de la qualité de l’eau — voici ce que mesure la DBO, pourquoi elle est importante et comment elle est réalisée.

Un test centenaire reste au cœur de la surveillance moderne de la qualité de l’eau — voici ce que mesure la DBO, pourquoi elle est importante et comment elle est réalisée.

écrit par

Chef de produit

Anze Borinc

Chef de produit avec une spécialisation en ingénierie mécanique, concevant des systèmes et servant de lien entre produit, production et opérations pour maximiser l'impact. En dehors du bureau, je suis un grimpeur passionné, ancien compétiteur, et je continue à entraîner et à concevoir des parcours dans mon temps libre.

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Qu'est-ce que la DBO ?

La demande biochimique en oxygène — abrégée DBO — est une mesure de la quantité d’oxygène dissous dont les micro-organismes ont besoin pour décomposer la matière organique dans un échantillon d’eau, à une température donnée et pendant une période déterminée. En termes simples, elle répond à une question : quelle quantité d’oxygène cette eau consommera-t-elle lorsque les bactéries décomposeront la pollution organique présente ?

Plus la valeur de DBO est élevée, plus la quantité de matière organique présente est importante et plus l’eau est appauvrie en oxygène. Pour la vie aquatique qui dépend de l’oxygène dissous pour survivre, une DBO élevée constitue un signe précoce de stress écologique.

Définition clé : La DBO s’exprime en milligrammes d’oxygène consommés par litre d’eau (mg/L) sur une période d’incubation standard — le plus souvent cinq jours à 20 °C, donnant la valeur DBO₅ reconnue internationalement.

Pourquoi c'est important

Lorsque des déchets organiques — provenant des eaux usées, de l’industrie agroalimentaire, de l’agriculture ou des papeteries — pénètrent dans un plan d’eau, les bactéries se mettent à les décomposer. Cette activité biologique consomme l’oxygène dissous plus rapidement que l’eau ne peut le reconstituer à partir de l’atmosphère, et souvent même plus vite que par des méthodes mécaniques. En aval, l’eau peut devenir anoxique, produire des gaz malodorants et créer des zones mortes.

Les tests de DBO ont été développés au début du XXe siècle par des scientifiques britanniques étudiant la Tamise, fortement polluée, et ils restent aujourd’hui le critère standard utilisé dans le monde entier par les autorités de régulation pour fixer les limites de rejet des stations d’épuration et pour classer l’état des rivières.

La méthode de mesure de la DBO₅ « à l'ancienne »

La procédure classique est simple dans son principe, mais exige une technique rigoureuse en pratique.

Étape 1 — Prélever l'échantillon

L’eau est prélevée dans des flacons hermétiques, en minimisant l’agitation afin de préserver les niveaux d’oxygène tels qu’ils existent dans la source.

Étape 2 — Mesurer l'oxygène dissous initial (OD)

La concentration en oxygène dissous est relevée au départ à l’aide d’une sonde étalonnée ou d’un dosage de Winkler.

Étape 3 — Incuber à 20 °C pendant cinq jours

Les flacons scellés sont placés dans un incubateur obscur à 20 °C pendant exactement cinq jours. L’obscurité empêche la photosynthèse d’ajouter de l’oxygène et de fausser le résultat.

Étape 4 — Mesurer l'OD final

Après cinq jours, l’oxygène dissous restant est mesuré de nouveau selon la même méthode.

Étape 5 — Calculer la DBO₅

BOD₅ (mg/L) = Initial DO Final DO
BOD₅ (mg/L) = Initial DO Final DO
BOD₅ (mg/L) = Initial DO Final DO

Le résultat représente l’oxygène consommé par l’activité microbienne pendant la durée de l’essai.

Lorsque la charge organique attendue est très élevée — comme dans des eaux usées brutes — l’échantillon doit d’abord être dilué avec de l’eau saturée en oxygène afin de garantir qu’il reste suffisamment d’oxygène à la fin du test pour obtenir une différence significative. Des bactéries d’ensemencement peuvent également être ajoutées lorsque la population microbienne native de l’échantillon est insuffisante pour entraîner une décomposition à un rythme constant.

Interprétation des résultats

Les valeurs de DBO couvrent plusieurs ordres de grandeur selon la source.

Source d’eau

DBO₅ typique (mg/L)

Qualité

Rivière ou lac propres

1 – 2

Bonne

Rivière modérément polluée

3 – 8

Moyenne

Effluent mal traité

20 – 100

Mauvaise

Eaux usées domestiques brutes

150 – 300

Très mauvaise

Eaux usées de transformation alimentaire

500 – 10,000+

Sévère

La plupart des normes réglementaires relatives au rejet d’eaux usées traitées dans les rivières exigent que la DBO₅ soit inférieure à 20–25 mg/L ; de nombreuses normes européennes fixent la limite à seulement 5 mg/L pour les eaux réceptrices sensibles.

Limites et alternatives

L’attente de cinq jours est le principal inconvénient pratique du test. Les exploitants de stations d’épuration qui gèrent des processus en temps réel ne peuvent pas attendre cinq jours pour obtenir un résultat. Cela a conduit au développement de plusieurs indicateurs plus rapides.

La demande chimique en oxygène (DCO) oxyde chimiquement toute la matière organique plutôt que biologiquement et fournit un résultat en quelques heures. Elle a tendance à donner des valeurs plus élevées que la DBO, car elle mesure tout ce qui est oxydable, et pas seulement ce que les bactéries consommeront.

Le carbone organique total (COT), analysé par détection infrarouge, fournit des résultats en quelques minutes et est devenu la méthode privilégiée dans de nombreux laboratoires modernes, bien qu’il nécessite un étalonnage propre au site par rapport à la DBO pour être utilisé dans un contexte réglementaire.

Chez Waboost, nous proposons le capteur STACSENSE d'Aqualabo, qui mesure la DBO, la DCO et le COT.

Résumé

Le suivi de la DBO n’est pas qu’une simple formalité de conformité. Il sous-tend les décisions concernant la charge organique qu’un milieu récepteur peut absorber en toute sécurité, la manière dont une station d’épuration doit être exploitée et le fait que les rejets industriels respectent ou non leurs autorisations. Il demeure l’un des outils analytiques les plus utilisés en sciences de l’environnement, plus de cent ans après son développement.

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